05 mars 2009

Espana Espana

A venir bientôt un album sur mon dernier petit voyage a Madrid....Enjoy

04 juillet 2008

Saint Petersbourg

Aller une petite note sur une de mes ville préférer bien que je n'y suis jamais allé je n'en fait que rêver pour l'instnat mais peut etre un jour viendra ou j'irai la bas tout au nord pour voir cette ville fondé par la volonté d'un homme...Pierre le grand, pour voir l'amirauté, le palais d'hiver, la forteresse Pierre et Paul , la Neva gelé...
les photos vont suivre mais un peu de patience

Saint-Pétersbourg la Venise du nord selon certain est la deuxième ville de Russie (plus de 4,5 millions d'habitants en 2007) après la capitale Moscou. Elle est située au nord-ouest du pays sur le delta de la Néva au fond du golfe de Finlande. Capitale de l'Empire Russe de 1712 à son effondrement en 1917, Saint-Pétersbourg a conservé de cette époque un ensemble architectural unique qui en fait une des plus belles villes d'Europe. Principal port russe sur la mer Baltique c'est un centre majeur de l'industrie, de la recherche et de l'enseignement russe ainsi qu'un important centre culturel européen.

Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le Tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au Royaume de Suède. Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d'origine étrangère la nouvelle ville devait, permettre à la Russie d'« ouvrir une fenêtre sur l'Europe » et contribuer, selon le souhait de Pierre, à hisser la Russie au rang des grandes puissances européennes. Le centre-ville, construit sur des directives des souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux (baroque, néoclassique) acclimatés de manière originale par des architectes souvent d'origine italienne. Sa beauté alliée à l'existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de « Venise du Nord ». La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1990.

De sa fondation jusqu'au début du XXe siècle, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays. Au XIXe siècle, la ville est également devenue le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays après Moscou. C'est à Saint-Pétersbourg que la Révolution russe de 1917 éclate et que les bolchéviques triomphent. La ville connaît par la suite un certain déclin. Au début des années 1920, à la suite du transfert de la capitale à Moscou ainsi que de la guerre civile, le chiffre de la population s'effondre et ne retrouve son niveau d'avant-guerre qu'à la veille de la seconde guerre mondiale. Durant cette dernière, elle subit un siège de près de trois ans qui décime à nouveau sa population. Tombée à moins d'un million d'habitants au sortir de la guerre, elle se repeuple grâce à l'arrivée de ressortissants d'autres régions. Depuis cette époque, Saint-Pétersbourg a régulièrement perdu du terrain par rapport à Moscou, phénomène qui s'est accentué depuis la libéralisation du système économique russe.

Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d'appellation : Pétrograd (Петроград), de 1914 à 1924 puis Léningrad (Ленинград), de 1924 à 1991 avant de retrouver son nom d'origine à la suite d'un référendum en 1991. Saint-Pétersbourg est également appelée familièrement « Piter » (Питер) par ses habitants. Pour les Russes, c'est la « capitale du Nord

24 février 2008

Mambo Sawa Sawa

Un peu de music en acoustique pour cette dernière mise a jour, de la zic du kenya mambo sawa sawa.

Daniel au Caire

daniel ce mois ci nous propos sa vision du Caire après y avfoir passé un mois et demi...

Le Caire. Une dichotomie qui mène a la maladie.
La plupart des orientalistes, ces personnes assises sur une belle chaise en cuir qui considèrent de très prés les textes médiévaux, ont un point de vue exotique sur la réalité contemporaine du monde arabe. Manque de voyage oblige. Il est plaisant pour le petit philologue de macher les textes anciens et de s’embaumer dune série d’idées qui, néanmoins, sont loin de coïncider avec une réalité diffuse et souvent compliquée. Cest le cas dune ville millénaire comme le Caire.

cd464391a49539e7e7a13e98373e18c5.jpgConstruite entre 1176 et 1183 sous le règne de Saladin, la citadelle du Caire comprend dans son enceinte la mosquée Mohammed Ali, conçue en 1830 sur le modèle des mosquées ottomanes de Constantinople.

Avec plus de 20 millions dames, le Caire a beau se définir comme une ville chaotique. Mais, comme dans la plupart des chaos, un certain ordre règne. Le trafic excessif, le zahma cairois, semble se régir par un ordre universel supérieur a toute entreprise humaine, qui fait régner une harmonie étrange. Le bruit, incessant, parait s´anéantir tout a coup, pour donner place a un silence bruyant, un lapsus de temps presque imperceptible, dans lequel le monde s´arrête et s’engouffre directement dans le ciel et partage avec parcimonie un banquet rapide avec Aménophis IV.
Vivre au Caire suppose mener une activité sans arrêt. Cette activité suppose aussi, l’étude d´une société face a ses défis. Mis a part un gouvernement hypocrite au proche orient comme celui de Mubarak et de ses sbires changeants et de leur gestion néfaste et corrompt de la plupart des aspects de la vie économique égyptienne, le grand défi des Egyptiens se déploie au niveau de leur conscience. A vrai dire, beaucoup d’égyptiens ont décide de supprimer leur conscience politique, fruit de leur déception a l’égard d´un gouvernement qui n’est pas prêt a assumer les besoins dune population changeante. Et quand on mentionne le changement, on parle aussi de défi. Le défi de la conscience, comment est-il?
Les cairois se debattent entre loccidentalisation profonde et lislamisle, non pas fondamentalisme, parfois radical. Certains individus sont capables de mener leur existence en harmonie apparente avec les deux courants. Celuis des sheijs qui apparaissent dans des emissions etranges et qui elucubrent au sujet du taouhid, lunicite divine ou

Face2Face

Video sur un projet artistique sur le mur de sécurité Israélien.

26 novembre 2007

Un ptit brin de Music Lachansondudilmanche

Coucou a tous, avant de parti au Kenya, je vous l'avez dis hein, voici un ptit brin de musique assez sympa, lachansons dudimanche, enjoy it dude.



01 septembre 2007

Message du 1er Septembre 2007 eh pourquoi pas?

1 Septembre 2007

Q.A.B (j'entend par la Qasr Al Bachir) change d'interface, plus clair, plus net et surtout moins sombre....
les menus ont étaient changé pour qu'ils soient plus facile d'accés. C'est une explosion de couleurs, la couleur sans la couleur...Bon moi je trouve ca plus sympa et vous???

Vous pouvez postez vos commentaires au bas de cette note, Merci.

Bonjour a tous, au menu des nouveautés a part l'interface:
- Voici mon dernier periple en photo : Alep ville millénaire, ville de Nour Al Din, unificateur de la Syrie. Ah Alep la grande qui ne se voit que dans les rêves des orientalistes et aventurier de tous poil de cette région, berceau de la civilisation.
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/album/alep/

Bonne visite a tous dans rues et les souk de Alep...

-Nouveaux liens vers de nouveaus sites web ajoutés et pleins d'autre petites choses.
PS Les menus ont changész de place et se trouve désormais sur le coté droit de la page.

- Nconsacré a Marco Polo un ptit gars bien sympatique, infatiguable voyageur.
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/explorateurs/

Interview de M Barroso président de la Commission Europééne dna sl'émission Talk de Paris.
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/viva_europa/

-Dans cette nouvele categorie vous trouvez de nombreuses video sur Jerusalem, Tachkent et...
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/voyages_en_video/

- Et pour finir quelques histoires de Nasr Eddin le Hodja, (personnage légendaire connus dans tout le monde musulman pour son irrévérance et sa sublime idiotie) A lire sans plus atendre
dans la catégorie "récits d'ailleurs".

Bon Voyage et bonne découverte des milles et une merveille de notre Monde.



Mes prochain periples seront peut être moins depaysant pour ceux qui suivent ce blog depuis longtmeps, bref ce sera different.
Car il va me falloir quitter cette merveilleuse région du proche-orient si riche a tous points de vues; Ou vous avez pu suivre avec moi, a peu près, tous mes periples riche en découverte et en étonnement, sur a peu près tous les contients et sa continue...

PROCHAINE DESTINATION: l'Europe Paris, la Belgique, Rome, l'Espagne... / Afrique: le Kenya, l'Etiopie...peut etre Incha allah comme on dit chez moi.
En atttendnant j'ai entendus un petit commentaire sur mon blog fort sympathique: "Tu ouvre le blog de M-H en pensant tomber sur son chateau et tu tombe sur le monde", j'en remercie l'auteur.

Bon surf a tous.
Cheikh Al Bachir.

Marco Polo

Page consacrée à divers explorateurs de divers époques et sur divers continent...

Marco Polo

Marco Polo est né le 15 septembre 1254 à Venise et mort le 8 janvier 1324. Parti avec son père et son oncle, patriciens et commerçants passés au service du Grand Khan mongol, il atteignit la Chine (1275) où il séjourna pendant 17 ans (1274-1291). Employé comme enquêteur-messager par l'Empereur Mongol Kūbilaï qui acheva la conquête de la Chine, s'installa à Pékin, et en 1271, prit un titre dynastique à la manière chinoise: celui des Yuan sans devenir véritablement un empereur chinois[1]. Marco Polo fut chargé de diverses missions par Kūbilaï Khan, tant en Chine que dans des pays de l'océan Indien. De retour à Venise, il combattit Gènes, qui le fit prisonnier, puis dicta une description des États de Kūbilaï (Livre de Marco Polo). Cet ouvrage apporta à l'Europe la première documentation, tant géographique qu'ethnographique, sur les pays et les peuples d'Asie. Surnommé Messire Milione en raison des richesses qu'il avait rapportées, il mourut à Venise où il est enterré en l'église San Lorenzo.

Né en l'absence de son père, Marco Polo a 15 ans lorsque son père, Niccolo Polo, et son oncle, Matteo Polo, reviennent d'un long voyage en Asie centrale où ils ont rencontré l’Empereur Mongol Kubilaï Khan, petit fils de Gengis Khan. Ils sont porteurs d'un message de sympathie pour le pape. Pendant deux années, les deux frères, Niccolo et Matteo, vont attendre l'élection d'un nouveau pape.

En 1271, ils repartent de Venise pour retourner en Chine et le jeune Marco les accompagne. Il a vingt ans lorsqu'il est reçu avec ses parents à la très fastueuse cour mongole. D'abord semble-t-il envoyé en légation avec son oncle dans la ville frontière de Ganzhou, à l'extrémité ouest de la grande muraille, où il fait ses classes, il devient ensuite un enquêteur-messager du palais impérial suzerain de la Chine, de l'Iran et de la Russie. À ce titre il accomplira diverses missions pour le grand khaân, tant en Chine que dans l'Océan Indien (voir fonctions de M. Polo).

Vers la fin du règne de Kūbilaï Khan, M. Polo et ses parents obtiennent le droit de retourner dans leur pays. En 1291 ou 1292 ils embarquent à destination de l'Iran, où ils accompagnent une princesse promise à l'ilkhan d'Iran[2]. Puis il se rend à la cour de l'empereur de Chine Kubilai Khan. Dans son voyage de retour à Venise en 1292, il fait escale à Perlak dans le nord de l'île de Sumatra (dans l'actuelle Indonésie).

Rentré à Venise en 1295 avec une fortune en pierres précieuses, M. Polo fait armer une galère pourvue d'une pierrière[3], afin de participer au combat que Venise mène alors contre Gênes. Lors d'une bataille sur mer, il est fait prisonnier (soit en 1296, au large de la Turquie, entre Adana et le golfe d'Alexandrette[4], soit en septembre 1298, au large de Curzola ou Korčula sur la côte croate). Il dicte son célèbre livre dans la prison de Gênes. Après sa libération, il épouse Donata Badoer et aura trois filles. Sans doute fut-il, comme patricien, membre du Grand Conseil de Venise, mais on ignore quel rôle il joua dans la création en 1310 du Conseil des Dix (institution secrète peu ordinaire qui ressemble au Tchoû-mi-Yuan, le conseil de sécurité de Kūbilaï).M. Polo vivait à Venise dans la Casa Polo, quartier de Cannaregio, maison familiale détruite par un incendie en 1598 (le théâtre Malibran a été construit en 1677 sur ses fondations).

En hommage à leur plus célèbre concitoyen, les Vénitiens ont baptisé de son nom leur aéroport international, et les billets italiens de 1000 lires ont longtemps porté son effigie.

30 août 2007

Jersualem to Damascus

Vieux documentaire sur damas et jerusaleme en 1936



voila en partie une des raison pourquoi Jaques Chirac est très apprécier au Moyen Orient:


Docmentaire sur Jerusalem

Wild Flight

Emmanuel Barroso

Emmanuel Barroso Invité a "Talk de Paris sur FRANCE 24

Tachkent

Video sans doute amateur, mais pas mal sur Tachkent Capitale de l'Ouzbekistan

29 août 2007

Nasr Eddin le Hodja,Contes du Moyen-Orient


Nasr Eddin le Hodja

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Nasr Eddin le Hodja est le héros d’innombrables contes populaires depuis des siècles, dans tout l’Orient : en Asie mineure, en Asie centrale (de l’Arménie à la Mongolie), dans le monde arabe, et dans certains pays d’Europe (Ukraine, Balkans, etc.) Et est célébre dans tous le monde musulman comme l'incarnation même de l'irréverence.
Probablement originaire d’Anatolie, il aurait vécu au XIIIème siecle : né en 1209 (605 de l’hégire), mort en 1284 (683) à Akshéhi. Son nom peut varier d'une région à l'autre, mais les histoires restes les même et sont toujours aussi irrévérencieuses.une autre manière de découvrir l'orient.
Le Hodja (Nasr Eddin) cet idiot déconcertant, est aussi un habile philosophe qui a un sens de la répartie fulgurant. Il use et abuse du pouvoir du verbe et manie l'absurde avec art. Il nous fait rire à ses dépens mais nous renvoie aussi à notre propre bêtise. Nasr Eddine, rusé, répond à un acheteur qui lui propose la moitié du prix pour son cheval qu'il se fait tard et qu'il a peur de ne pas trouver un acquéreur pour la seconde moitié! Il nous montre que la vérité ne sort pas uniquement de la bouche des savants ou des puissants.

Quelques Histoires de Nasr Eddiin le Hodja:

On a souvent signalé la grande laideur de Nasr Eddin, qui notamment, louchait. Timour, qui, sur ce point, ne se privait pas d’y aller de ses plaisanteries, l’apostrophe ainsi un jour devant tous ses invités
— Dis-nous, bigleux: est-ce vrai que lorsqu’on louche comme toi, on voit double?
— C’est exact, seigneur.
— Alors, quand tu me regardes, tu vois deux grands conquérants?
— Non, seigneur, je vois un quadrupède.


Dans la douce tiédeur du hammam, Nasr Eddin se laisse aller une fois de plus à énoncer de profondes pensées
— Ah, mes amis! Plus je vais, plus je me dis que la vie est comme une fontaine d’eau chaude...
— Très intéressant, fait son voisin après un long silence recueilli, mais qu’entends-tu au juste par là?
— Qu’est-ce que j’en sais, moi? Je ne suis pas philosophe!


On trouve aussi les aventures de Nasr Eddin le Hodja en BD:

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20. Le salaire du bûcheron
En haut d'une piste de montagne, Djeha-Hodja Nasreddin tirait son âne et s'est soudain arrêté. La résonance d'une hache, la voix d'un homme et le tintement de clochettes d'âne lui dit qu'il y avait de la compagnie, dans cet endroit solitaire. Bientôt il se heurta à un groupe de six ânes qui paissaient sur la lande verte. Sur les côtés étaient entassées des piles de bois coupé. Tout près, un homme musclé maniait une hache. Le bûcheron recula rapidement, alors qu'un arbre tombait.
- Bravo, brave bûcheron ! Acclama un second homme maigrichon, assis non loin de là. C'était un bel arbre, assez grand pour réchauffer toute une famille une bonne partie de l'hiver. A l'arbre suivant !
Sans regarder son compagnon confortablement assis, le bûcheron a marché vers un chêne, a pris fermement le manche de sa hache et a commencé à cogner au-dessus des racines de l'arbre. Djeha-Hodja Nasreddin était assis sur son âne, observant ce spectacle étrange - l'homme fort maniant la hache sans dire un mot tandis que l'homme assis ne cessait d'approuver, d'acclamer et de commenter. C'en était trop pour la curiosité de Djeha-Hodja Nasreddin.
- Pourquoi faites-vous tout ce bruit alors que c'est l'autre homme qui fait tout le travail ? Demanda t-il au petit homme.
- Oh ! Je l'aide, répliqua l'homme. Il a consenti à couper trente années de bois pour Hassan Bey. Pensez quel travail pour un seul homme. Je me suis associé à lui. Il manie la hache pendant que je l'encourage.
- Je pense, dit Djeha-Hodja Nasreddin, que ce sont les bras musclés du bûcheron qui lui donnent du courage et pas vos vociférations.
Une semaine plus tard, Djeha-Hodja Nasreddin rencontra de nouveau les deux hommes alors qu'ils discutaient devant le juge.
- J'ai gagné chaque livre moi-même, disait le bûcheron. J'ai coupé trente charges de bois pour Hassan Bey. J'ai chargé le bois sur les ânes et les ai conduits à la maison de Hassan Bey.
- Il a oublié comment je l'ai encouragé, dit le petit homme. J'ai donc gagné une partie de cet argent que Hassan Bey a fait l'erreur de donner entièrement au bûcheron.
Le juge semblait impuissant à trancher, n'ayant jamais rencontré un cas similaire auparavant. Il a été soulagé de voir arriver Djeha-Hodja Nasreddin.
- Je soumets ce cas à mon assistant Djeha-Hodja Nasreddin Effendi, dit le juge. Répétez-lui votre histoire.
Ce qu'ils firent. Djeha-Hodja Nasreddin a écouté, hochant la tête sagement, jusqu'à ce que les deux hommes n'aient plus rien à dire. Alors il a appelé un commerçant d'une boutique voisine.
- Apporte-moi un plateau, lui dit-il
Le plateau apporté, la foule s'approcha pou voir ce qui allait arriver.
- Donnez-moi l'argent que Hassan vous a payé pour les trente charges, dit-il au bûcheron.
- Mais c'est mon argent, plaida le bûcheron. J'ai travaillé dur pour chaque livre alors que cet homme était assis à l'ombre, en proférant des sons étranges.
Sur l'insistance de Djeha-Hodja Nasreddin, à contrecœur, le bûcheron donna sa bourse. Djeha-Hodja Nasreddin a pris les pièces et, une par une, il les a fait tinter sur le plateau. S'adressant à l'homme qui revendiquait sa part, il lui dit :
- Les entendez-vous ? Aimez ce son ? N'est-ce pas un tintement joyeux ?
La dernière livre avait quitté la bourse du bûcheron et fit entendre son tintement sur le plateau.
- As-tu bien entendu ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin au petit homme. As-tu entendu chaque livre ?
Le petit homme acquiesça de la tête.
- Alors tu as eu ton salaire, lui notifia Djeha-Hodja Nasreddin. La sonorité de l'argent est la paie appropriée pour la sonorité du travail.
Djeha-Hodja Nasreddin remit alors l'argent au bûcheron en lui disant :
- Et l'argent est la paie appropriée pour le travail.

21. Vache contre vache
Djeha-Hodja Nasreddin exerçait, un certain temps, les fonctions de juge suppléant. Un paysan vint le trouver.
- Grand juge! Je viens te consulter. Supposons qu'une vache attachée à un piquet encorne une vache errante. Est-ce que le propriétaire de la première doit indemniser celui de la seconde ?
- Certainement pas, répondit Djeha. Une vache doit être tenue dans son enclos. Tant pis pour son maître s'il la laisse vagabonder.
- Je suis vraiment soulagé, Djeha, car c'est ainsi que ma vache a blessé la tienne tout à l'heure.
- Par Allah ! Pourquoi ne m'as-tu pas donné dès le début une narration complète des faits. Le cas est beaucoup plus compliqué que tu ne me l'as dit. Il faut que je consulte la jurisprudence. Qu'on m'apporte le gros livre noir qui se trouve en haut sur l'étagère!

22. Un don du ciel
- J'ai besoin d'argent ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin en adressant une prière à Allah. J'ai besoin de mille livres.
Hassan Bey, le riche marchand dont la cour était contiguë à celle de Djeha-Hodja Nasreddin, regardait du haut de sa fenêtre. Il pouvait voir Djeha-Hodja Nasreddin à genoux sur un tapis de prière défraîchi, et murmurant inlassablement sa prière.
- Oh Allah ! J'ai besoin d'argent – de beaucoup d'argent. J'ai besoin de mille livres. Huit cents livres ne seraient pas suffisants, ni neuf cents, ni même neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Je dois avoir exactement mille livres. Je ne pourrais pas accepter une somme inférieure. Oh Allah ! Envoyez-moi mille livres – le plus tôt possible.
Hassan Bey, écoutant depuis sa fenêtre ouverte, a souri comme il aurait souri à un enfant priant pour un morceau de loukoum. Il a souri à l'idée de cette étrange prière de Djeha-Hodja Nasreddin.
- Il est temps, se dit-il, d'apprendre au vieux Djeha-Hodja Nasreddin de ne pas prier sans l’aide d’Allah pour que ses prières se réalisent.
Il riait encore alors qu'un plan s'échafaudait dans son esprit. Quittant son poste d'observation, Hassan Bey retourna hâtivement à l'intérieur de sa chambre, où était caché son argent. Il compta et recompta neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres, mit l'argent dans un sac, l'attacha solidement et retourna silencieusement à la fenêtre ouverte. Il jeta le sac d'argent qui atterrit sur les pavés de la cour de Djeha-Hodja Nasreddin. Sans attendre de remercier Allah, Djeha-Hodja Nasreddin commença à compter l'argent. Il le compta à plusieurs reprises. La pile ne contenait que neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pièces. Hassan Bey et sa femme, regardant par le treillage de la fenêtre, sans être vus, se retenaient pour ne pas rire.
- Laissons-le compter encore une fois, chuchota Hassan Bey à sa femme. Alors je lui expliquerai la plaisanterie. Il rira aussi franchement que nous.
Mais Hassan Bey avait trop attendu. Djeha-Hodja Nasreddin n'a pas compté les pièces de nouveau. Au lieu de cela, il les a remises dans le sac qu'il a lié solidement et l'a mis dans sa large ceinture. Alors il s'est mis à genoux sur le tapis de prière.
- Oh Allah ! Pria Djeha-Hodja Nasreddin. Vous n'avez pas correctement compté les livres. Vous me devez encore une livre. Envoyez-la-moi à votre convenance. Et mille remerciements pour les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres que vous m'avez envoyées.
Si ce n'était le treillage, Hassan Bey aurait sauté par la fenêtre sans se donner la peine de prendre l'escalier. En peu de temps, il fut à la porte de Djeha-Hodja Nasreddin.
- Rends-moi ma bourse - Rends-moi mes neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres !
- Votre bourse ? Vos neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres ?
- Oui, Je les ai jetées par la fenêtre, juste pour te faire une plaisanterie. Tu as dit que tu n'acceptais pas moins de mille livres.
- Non ! La bourse était un cadeau de Dieu. Elle est tombée directement du ciel en réponse à ma prière.
- Je te traînerai en justice, dit Hassan Bey. Nous verrons si elle est tombée du ciel ou de ma fenêtre !
Djeha-Hodja Nasreddin acquiesça.
- Mon burnous ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Kalima était en train de le raccommoder. Je ne peux pas aller devant les tribunaux sans mon burnous.
- Je te prêterai un burnous, dit Hassan Bey.
- Et mon âne ! Il boite et ne peut faire une si longue distance
- Je te prêterai un cheval, dit Hassan.
- Mais, il me faut une selle et une bride ! Celles de mon petit âne n'iront jamais sur votre grand cheval.
- Je te prêterai une selle et une bride.
Djeha-Hodja Nasreddin a roulé son tapis de prière et l'a rangé. Il a dit au revoir à sa femme et a suivi Hassan Bey. En parvenant à la cour, Hassan Bey n'a pas perdu de temps pour relater son affaire au juge.
- Bien, Djeha-Hodja Nasreddin, dit le juge, Avez-vous quelque chose à dire ?
- Pauvre Hassan Bey, soupira Djeha-Hodja Nasreddin, avec une voix pleine de compassion. Comme c'est triste ! Comme c'est très triste ! C'était un si bon voisin et si respecté par tous ! Quand on pense qu'il a perdu la raison !
- Que voulez-vous dire ? Dit le juge
Djeha-Hodja Nasreddin s'est rapproché du juge et a lui chuchoté d'une voix que l'on pouvait entendre partout dans la pièce :
- Il pense que tout lui appartient. Vous avez entendu son histoire à propos de mon argent. Demandez-lui quelque chose d'autre et il vous dira que c'est à lui. Demandez-lui, par exemple, à qui est le burnous que j'ai sur le dos.
- C'est mon burnous, bien sûr, a hurlé le marchand, Djeha-Hodja Nasreddin sait que c'est le mien.
Djeha-Hodja Nasreddin a secoué sa tête tristement.
- Essayez quelque chose d'autre, et demandez-lui, par exemple, à qui est la selle qui est sur mon cheval gris.
- C'est ma selle, bien sûr et c'est ma bride aussi, cria Hassan Bey. Djeha-Hodja Nasreddin le sait
- Vous voyez comment il est, dit Djeha-Hodja Nasreddin avec un soupir de pitié. Pauvre homme ! Il est si fou qu'il pourrait même revendiquer mon cheval gris.
- Bien sûr je revendique le cheval, cria le marchand.
- C'est un cas étrange - un cas triste, dit le juge pensivement.
Il n'était pas facile de condamner l'homme le plus riche de tout Ak Shehir.
- J'ai cru Hassan Bey quand il m'a dit avoir jeté une bourse pleine d'argent à Djeha-Hodja Nasreddin. Maintenant, je vois les choses différemment. Quand il revendique la possession du cheval de Djeha-Hodja Nasreddin, de son burnous, de la selle et de la bride, il montre que son esprit est dérangé. Hassan Bey, je suggère que vous alliez chez vous et preniez un long repos. Vous avez travaillé trop durement, j'en suis sûr. Djeha-Hodja Nasreddin, vous pouvez garder votre bourse et tous les biens que votre voisin malheureux essaye de revendiquer.
Les deux hommes rentrèrent en silence par les rues d'Ak Shehir. Le marchand est allé devant sa porte et s'apprêtait à la fermer. À sa surprise, il fut suivi par Djeha-Hodja Nasreddin.
- Voici votre argent, lui dit Djeha-Hodja Nasreddin, remettant la bourse au marchand étonné, et votre burnous, et votre cheval avec sa selle et sa bride.
- Je vais revenir à la cour pour dire au juge que tout ceci n'était qu'une plaisanterie, dit Hassan Bey, qui ajouta pour Djeha-Hodja Nasreddin :
- Reprends mon cheval
- Oh non ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Mon âne ne boite sûrement plus et Kalima a probablement réparé mon burnous.

23. Une amende de cinq piastres
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin se promenait dans les bois environnants quand tout à coup quelqu'un lui a donné une tape sur la nuque, et ce avec tellement de force qu'il a failli être renversé
- Comment oses-tu me frapper ! Lui dit Djeha-Hodja Nasreddin, mécontent.
Le jeune homme, un tant soit peu arrogant, lui a fait des excuses sommaires et a dit qu'il avait fait une erreur et s'était trompé, le prenant pour un de ses très bons amis. Il a par ailleurs émis l'avis que Djeha-Hodja Nasreddin faisait "une montagne d'un simple grain de beauté". Après cette offense évidente, rien moins qu'un procès ne pouvait satisfaire Djeha-Hodja Nasreddin. Le magistrat a entendu les deux parties avec une impartialité apparente, mais en fait c'était un ami du contrevenant.
- Bien, mon cher Djeha, a t-il dit. Je comprends parfaitement ce que vous ressentez. Quiconque, dans des circonstances identiques, ressentirait la même chose. Que diriez-vous si je vous permettais de lui donner une tape à votre tour ? Serez-vous quitte ?
- Non ! Je ne serai pas satisfait avec une telle sentence, dit Djeha-Hodja Nasreddin, qui estimait avoir été offensé et qui voulait que justice soit rendue.
- Bien, dit le juge. Ayant dûment délibéré sur les différents aspects du cas, je condamne le contrevenant à une amende de cinq piastres, pour être payée à la partie offensée.
Il a alors dit au jeune homme d'aller chercher les cinq piastres, ce que fit volontiers ce dernier. Djeha-Hodja Nasreddin s'était assis, en attendant le retour du jeune homme. Une heure a passé, puis deux heures, mais toujours aucun signe du jeune homme. Quand fut arrivée l'heure de fermer le tribunal, Djeha-Hodja Nasreddin choisit le moment où le magistrat était le plus occupé pour lui donner une puissante claque sur la nuque et dit :
- Désolé, je ne peux pas attendre plus longtemps, votre Honneur ! Quand notre ami reviendra, vous pouvez lui dire que c'est à vous qu'il doit maintenant les cinq piastres

24. Se mordre l'oreille
Deux hommes sont venus consulter Djeha-Hodja Nasreddin quand il était magistrat. Le premier homme dit,
- Cet homme a mordu mon oreille - J'exige un dédommagement.
- Il s’est mordu lui-même, dit le second. Nasreddin s'est retiré et a passé une heure à essayer de se mordre l’oreille. En vain, il n’a réussi qu’à se faire une bosse au front en tombant. ! De retour dans la salle du tribunal, Nasreddin prononça la sentence:
- Examinez l'homme dont l'oreille a été mordue. S’il a une bosse au front, il l'a fait lui-même et la plainte est écartée. Si son front n'est pas contusionné, c’est l'autre homme qui l'a fait et il doit payer une amende.

Hava Nagila

Un petit cours de dance moyen-orientale:

Oud

Un petit peu de Oud de Alla, très grand joueur de Oud Algérien, le oud s'apparent a un luthe.

25 août 2007

Omar Al Abdallah

Voila une petite démonstration de dance Arabe: la Dabkeh
Musique: Omar Al Abdallah: Hachemee

Désolé la video a été supprimée...

25 juin 2007

A la découverte d´un autre monde

A Paraitre des Septembre 2007...

02 avril 2007

Ode Video O divin 47, mais qu'eszt donc ce 47???

01 avril 2007

La derniere levée est passée...

Message du 30 Aout 2007 eh pourquoi pas?

30 Aout 2007

Bonjour a tous, voici mon dernier periple en photo : Alep ville millénaire, ville de Nour Al Din, unificateur de la Syrie.
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/album/alep/
Bonne visite a tous dans rues et les souk de Alep...

Mes prochain periples seront peut être moins depaysant pour ceux qui suivent ce blog depuis longtmeps, bref ce sera different, car il va me falloir quitter cette merveilleuse région du proche-orient si riche a tous points de vues, ou vous avez pu suivre avec moia peu près tous mes periples riche en découverte et en etonnement, sur a peu près tous les contients et sa continue...

PROCHAINE DESTINATION: l'Europe Paris, la Belgique, Rome, l'Espagne... / Afrique: le Kenya, l'Etiopie...peut etre Incha allah comme on dit chez moi.
En atttendnant j'ai entendus un petit commentaire sur mon blog fort sympathique: "Tu ouvre le blog de M-H en pensant tomber sur son chateau et tu tombe sur le monde", j'en remercie l'auteur.

Bon surf a tous.
Cheikh Al Bachir.


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Avril 2007
Un Grand Marhaba a Tous,

Un petit vent frais souffle sur Qasr Al Bachir, c est normal on est en hiver, et les flocons vont peut être tombé qui sait?
Quand on passe sur la route en allant vers Petra ou Aqaba on ne peut s´empecher de faire une petite halte la bas, histoire prendre le pouls et de sentir la Vibe de Qasr Al Bachir. Ceci étant fait (avec de nouvelles photos et video).
Nous nous sommes dirigées vers Jerusalem, Al Qudds, ville trois fois sainte pour y passer quelques jours et le week prochain...
Voici quelques nouveautés et quelques beaux voyages en perspective, des voyages exotiques et surprenant.
Comencons par:

-Cuba (Album photo fait par un ami (cher Nazim vagabond d´entre les Vagabons) qui y a ete en viste))
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/album/un_cuba_libr...

Syrie: 2 Videos sur la vieile ville de Damas
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/en_direct_de_damas/

Puis dirigons nous vers Jerusalem, je sais pour les habitués ce n est pas tres originale mais nous revenons de bas avec des videos et des photos prises sur le vif assez etonante.
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/album/reportage_a_...
Récit et Videos:
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/en_direct_de_jerus...

Pourquoi pas un ptit tour a Qasr Al Bachir, en video cette fois:
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/qasr_al_bachir_for...

Et pour terminer un petit tour sur

Récits d´ailleurs:
http://qasralbachir.blogs-de-voyage.fr/recits_d%C2%B4aill...
Avec de nouvelles notes et impressions sur vos voyages.

Si vous voulez participer a cette categorie, vous etes les bienvenu, Ahlan Ahlan, ils vous suffit de m´envoyer par mail (marcosaillard@gmail.com)
-Une photo de vous (visage) si vous le voulez
-Et votre recit avec ou sans photos
Et zou il sera publié après acceptation.

Bonne route a tous sur les chemins cabossés du moyen-orient et de ce monde, qui est vaste, mais superbe.

31 mars 2007

Around the World with...

J'inaugure cette nouvelle catégorie qui comprendra des recits que des amis ont bien voulus me donner pour que les publies, il s'agit de récit de voyages, de leurs impressions d'un pays ou d'une ville, bref un espace ou je vous faites voyager par les impressions d'un, ou d'une autre, toujours a travers le monde, pour y découvrir autre choses.

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-La première personne, (et j'espère pas la dernière), qui a bien voulu me donner un peu de son temps et de ces impressions sur un pays ou elle a vecu pdt environ 6 moi est Gayle.W, ( que je remercie au passage pour sa contribution au blog et pourt ses conseil avisée) qui a bien voulu me donner quelques uns de ces papiers qu'elle a écrit au cours de son voyage la-bas. En route pour la Jordanie, oui encore une fois mais decouvrons la cette fois, plus sous l'angle historique, mais voyons la plutot, a travers les impressions de cette personne, sur ses divers voyages, et ces nombreus echanges avec les habitants de ce pays qui relatent finalement le quotidien Jordanien. Qui nous permettera de mieux comprendre cette région du Monde. En route en route et játtend les contributions des uns et des autres.

Jourdain, Israël et stratégies

C’est l’Israël que l’on voit quand on entre se baigner dans la mer Morte, et c’est aussi l’Israël (très vert) que l’on voit, des hauteurs de Um Qais. En effet, du haut de cette colline on aperçoit le plateau du Golan, annexe par Israël en 1981 – acte que la communauté internationale refuse de reconnaître. C’est une région stratégique puisqu’une partie des affluents du Jourdain y trouve sa source et 35% de l'alimentation aquifère du pays provient du Plateau . L’eau, et surtout l’absence d’eau, est un réel problème en Jordanie et un enjeu politique décisif qui s’accumule a celui déjà bien compliqué des territoires occupés.
Flottant dans la Mer Morte (il faut éviter tout geste brusque qui laisserait une goutte de cette eau extrêmement salée atterrir dans son œil. Une simple coupure au contact de l’eau est d’une douleur inimaginable.), j’ai du mal a croire que c’est l’Israël qui est si proche et que je vois en face. C’est concevable mais tout de même étrange de savoir que le conflit est de l’autre coté de la rive....
L’eau, l’énergie, le pétrole, les territoires occupés, et les lieux Saints sont tant de facteurs qui alimentent un conflit déjà bien envenimé. Les Jordaniens ne délient pas facilement leur langues pour parler politique, mais font part de leur envie de voir ce conflit prendre fin. On sent tout de même envers l’Israël un sentiment particulièrement amer : l’acquisition des Territoires Palestiniens leur permet d’irriguer amplement leur agriculture et de nourrir leur population sans problème, alors que de l’autre cote du Jourdain on extrait de l’eau des pierres.
On parle aujourd’hui d’un projet de transport d’eau depuis la Mer Rouge jusqu’à la Mer Morte – qui diminue considérablement (certains affirment que 8cm³ s’évaporent chaque année). Ce serait pour la Jordanie une réelle délivrance, puisque c’est un pays qui ne s’affirme et se distingue que par ses voisins, dû a son manque (et la non-existence) de ressources.
La réelle source de revenu de la Jordanie est le tourisme, qui, depuis le 11 septembre 2001 n’a jamais décollé.


Photo: Plateau du Golan

Jordanienne, d’origine Palestinienne, née en Arabie Saoudite et éduquée au Canada

J’ai pris l’habitude de demander à un Jordanien d’où il venait car cette question se décline bien souvent en une suite d’autres questions et d’explications sur l’origine de la personne… « Je suis né à Jérusalem, mais j’ai la nationalité Jordanienne, et j’ai étudie en Iraq », «Mes parents sont Palestiniens, ils vivent au Koweït, mais je suis ne en Jordanie et après, on est allé en Syrie » ou encore « je suis Jordanien, d’origine Kurde mais ma famille habite au Liban » …
Quant à la plus grande communauté Palestinienne hors du Moyen Orient, elle se trouverait au Chili ! Le Canada restant une destination phare d’immigration.
Le long trajet qui sépare As Samra (site de construction de la station d’épuration d’eau) a Amman, nous laisse amplement le temps de discuter dans le bus (une navette qui trombine sur la route en doublant les Mercedes et zigzagant entre les camions sur le chemin de la raffinerie). Hadeel et moi entamons une discussion. Elle est une des jeunes filles voilées du bureau. D’origine Palestinienne, elle est née en Arabie Saoudite puis est allée, avec sa famille, vivre au Canada où elle a grandi. Partie du Canada pour la Jordanie il y a environ un an, elle parle l’anglais parfaitement et ne rêve que d’y retourner. Elle m’expliquait qu’aujourd’hui en Arabie Saoudite, les shopping malls (ils font fureurs la bas !) sont divises : un étage pour les hommes et un autre pour les femmes avec pourtant les mêmes magasins ! Et pourtant l’Arabie Saoudite est justement L’endroit prisé pour faire du shopping, avec les plus grandes marques et les tenues les plus en vogue. Apparemment, sous leurs voiles, les jeunes saoudiennes portent les vêtements au top de la mode, voir même très sexy. Ceux qui ont fait une escale a Dubai sont témoins de la transformation vestimentaire des femmes voilées « avant/après » atterrissage.
J‘ai remarqué chez certaines filles voilées quelque chose que j’interpréterais comme de la gêne, face aux filles non voilées. L’attitude d’Hadeel est flagrante, puisqu’elle donne l’impression de perdre ses moyens devant Noura et Rima, les 2 « pin ups » Jordaniennes du bureau, alors qu’elle est parfaitement à l’aise avec Rouba, l’autre jeune fille voilée qui travaille avec nous. Je me suis demandé s’il n’y avait pas de la part des filles non voilées quelque chose qu’elles laisseraient transparaître et qui provoquerait cette gêne chez leurs paires...

Les Territoires Palestiniens

Ce matin, on s’est arrête achète de la pastèque sur le bord de la route ; et on a réveille le pauvre vendeur (non officiellement, un des « pasteque-men ») qui a sursaute et bondit de son lit...(il dort sous sa tente au bord de la route, et vend des pastèques !... pas la même notion que nous du « chez soi » !) il était un peu dans le coltard... mais le sourire aux lèvres il nous dit qu’il est Palestinien, « yes, from Gaza, you know Gaza, boum » nous dit il, en imitant quelqu’un qui lance une bombe... ça m’a fait un pincement au coeur, meme si lui, ça n’avait pas l’air de lui faire de la peine.

Quand Kamal m’a accompagné à Um Qais, d’ou l’on voyait le Plateau du Golan, ce n’est pas « Israël » qu’il désignait mais les « territoires Palestiniens » et insistait pour les nommer ainsi.

Les Palestiniens (au moins 60% de la population, certains disent même 90%) ont un statut appart ici. Ils n’ont le droit de travailler que dans l’administration ou de tenir un commerce. Pour certains, accorder la nationalité Jordanienne a un Palestinien, c’est renoncer à voir un jour un Etat Palestinien et reconnaître la défaite devant l’Israël. C’est aussi pour de nombreux Jordaniens une crainte face a une majorité Palestinienne qui ne cesse de croître.

Dans le petit marche au puce de Jora, pres de « downtown », entre autres, des jeunes Palestiniens vendent du jus de citron (biologique !) et une ONG pour la protection des arbres des territoires Palestiniens fait campagne. Apparemment, Israël confisquerait ces terres pour y construire des camps militaires. De plus, 700km de mur sont en construction ! Et installent un genre d’apartheid qui encerclerait dans un ghetto les Palestiniens, laissant ces derniers sur les terres les moins fertiles. De l’autre cote du mur, se trouveraient les terres Israéliennes, et fertiles.
Je ne m’attendais pas a lire quelque chose de pro-Israelienne, certes, mais les informations que je lis dans cette brochure m’attristent. Je comprends le sentiment d’impuissance des Palestiniens face au « mur » qu’ils doivent affronter afin d’être reconnu mais je me dis que ce n’est pas peine perdue.

Wadi Rum vs mondialisation
Un de nos amis Bédouins du désert de Wadi Rum vient à Amman aujourd’hui. On le retrouve ce soir, accompagne de sa « guitare du désert » (j’ai cru comprendre que c’est un Oud... je n’en suis pas sure), un genre de grande mandoline dont le manche aurait été rabattu en arriere !
Un des français (Sébastien) m’a raconté que la dernière fois que Saleem est venu a Amman, ils se sont retrouvés à manger au Mc Donald. Sébastien commande un big mac puis se retourne vers Saleem et lui demande ce qu’il veut. Ne sachant que répondre il lui dit qu’il prendra la même chose que lui. Plus tard, il lui dit « Sébastien, c’est mieux que tu m’explique ce qu’il y a à manger, plutôt que de me demander ce que je veux car je ne sais pas ce qu’il y a dans les resto ... ». Et je me suis dit que Mc Do, malgré l’invasion mondiale que l’on connait, reste encore inconnu des Bédouins de Wadi Rum, mêmes les plus modernes ! (Ils ne sont pas seulement armes de téléphones portables. Ils sont modernes dans leur style de vie, de se vêtir et même de penser).

J’ai remarqué aussi que la tendance de la Jordanie a se moderniser (et je ne critique pas ça, au contraire) ne laisse plus de place pour le traditionnel (mais je pense que c’est valable dans tous les pays). Je veux dire par là que, les gens vont préférer la version moderne et dernier cri plutôt que l’objet traditionnel ... par exemple, je voulais aller dans des bains turcs traditionnels, avec massages etc., mais impossible d’en trouver. Il n’en existe plus qu’un a Amman, et les horaires (pour les femmes) ne me conviennent pas puisque je travaille. Il semblerait que les gens vont dans des hôtels de luxe ou des salons de beauté modernes pour ce genre de chose. De la même manière, il semblerait que de se promener dans les « shoppings mall » soit vraiment une ballade en soit... alors que, sincèrement, je préfèrerais me trouver dans des petites rues animées d’un souk. Pour les Jordaniens que je côtoie, c’est une aberration!


Nasr Eddin le Hodja

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Nasr Eddin le Hodja est le héros d’innombrables contes populaires depuis des siècles, dans tout l’Orient : en Asie mineure, en Asie centrale (de l’Arménie à la Mongolie), dans le monde arabe, et dans certains pays d’Europe (Ukraine, Balkans, etc.) Et est célébre dans tous le monde musulman comme l'incarnation même de l'irréverence.
Probablement originaire d’Anatolie, il aurait vécu au XIIIème siecle : né en 1209 (605 de l’hégire), mort en 1284 (683) à Akshéhi. Son nom peut varier d'une région à l'autre, mais les histoires restes les même et sont toujours aussi irrévérencieuses.une autre manière de découvrir l'orient.
Le Hodja (Nasr Eddin) cet idiot déconcertant, est aussi un habile philosophe qui a un sens de la répartie fulgurant. Il use et abuse du pouvoir du verbe et manie l'absurde avec art. Il nous fait rire à ses dépens mais nous renvoie aussi à notre propre bêtise. Nasr Eddine, rusé, répond à un acheteur qui lui propose la moitié du prix pour son cheval qu'il se fait tard et qu'il a peur de ne pas trouver un acquéreur pour la seconde moitié! Il nous montre que la vérité ne sort pas uniquement de la bouche des savants ou des puissants.

Quelques Histoires de Nasr Eddiin le Hodja:

On a souvent signalé la grande laideur de Nasr Eddin, qui notamment, louchait. Timour, qui, sur ce point, ne se privait pas d’y aller de ses plaisanteries, l’apostrophe ainsi un jour devant tous ses invités
— Dis-nous, bigleux: est-ce vrai que lorsqu’on louche comme toi, on voit double?
— C’est exact, seigneur.
— Alors, quand tu me regardes, tu vois deux grands conquérants?
— Non, seigneur, je vois un quadrupède.


Dans la douce tiédeur du hammam, Nasr Eddin se laisse aller une fois de plus à énoncer de profondes pensées
— Ah, mes amis! Plus je vais, plus je me dis que la vie est comme une fontaine d’eau chaude...
— Très intéressant, fait son voisin après un long silence recueilli, mais qu’entends-tu au juste par là?
— Qu’est-ce que j’en sais, moi? Je ne suis pas philosophe!


On trouve aussi les aventures de Nasr Eddin le Hodja en BD:

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20. Le salaire du bûcheron
En haut d'une piste de montagne, Djeha-Hodja Nasreddin tirait son âne et s'est soudain arrêté. La résonance d'une hache, la voix d'un homme et le tintement de clochettes d'âne lui dit qu'il y avait de la compagnie, dans cet endroit solitaire. Bientôt il se heurta à un groupe de six ânes qui paissaient sur la lande verte. Sur les côtés étaient entassées des piles de bois coupé. Tout près, un homme musclé maniait une hache. Le bûcheron recula rapidement, alors qu'un arbre tombait.
- Bravo, brave bûcheron ! Acclama un second homme maigrichon, assis non loin de là. C'était un bel arbre, assez grand pour réchauffer toute une famille une bonne partie de l'hiver. A l'arbre suivant !
Sans regarder son compagnon confortablement assis, le bûcheron a marché vers un chêne, a pris fermement le manche de sa hache et a commencé à cogner au-dessus des racines de l'arbre. Djeha-Hodja Nasreddin était assis sur son âne, observant ce spectacle étrange - l'homme fort maniant la hache sans dire un mot tandis que l'homme assis ne cessait d'approuver, d'acclamer et de commenter. C'en était trop pour la curiosité de Djeha-Hodja Nasreddin.
- Pourquoi faites-vous tout ce bruit alors que c'est l'autre homme qui fait tout le travail ? Demanda t-il au petit homme.
- Oh ! Je l'aide, répliqua l'homme. Il a consenti à couper trente années de bois pour Hassan Bey. Pensez quel travail pour un seul homme. Je me suis associé à lui. Il manie la hache pendant que je l'encourage.
- Je pense, dit Djeha-Hodja Nasreddin, que ce sont les bras musclés du bûcheron qui lui donnent du courage et pas vos vociférations.
Une semaine plus tard, Djeha-Hodja Nasreddin rencontra de nouveau les deux hommes alors qu'ils discutaient devant le juge.
- J'ai gagné chaque livre moi-même, disait le bûcheron. J'ai coupé trente charges de bois pour Hassan Bey. J'ai chargé le bois sur les ânes et les ai conduits à la maison de Hassan Bey.
- Il a oublié comment je l'ai encouragé, dit le petit homme. J'ai donc gagné une partie de cet argent que Hassan Bey a fait l'erreur de donner entièrement au bûcheron.
Le juge semblait impuissant à trancher, n'ayant jamais rencontré un cas similaire auparavant. Il a été soulagé de voir arriver Djeha-Hodja Nasreddin.
- Je soumets ce cas à mon assistant Djeha-Hodja Nasreddin Effendi, dit le juge. Répétez-lui votre histoire.
Ce qu'ils firent. Djeha-Hodja Nasreddin a écouté, hochant la tête sagement, jusqu'à ce que les deux hommes n'aient plus rien à dire. Alors il a appelé un commerçant d'une boutique voisine.
- Apporte-moi un plateau, lui dit-il
Le plateau apporté, la foule s'approcha pou voir ce qui allait arriver.
- Donnez-moi l'argent que Hassan vous a payé pour les trente charges, dit-il au bûcheron.
- Mais c'est mon argent, plaida le bûcheron. J'ai travaillé dur pour chaque livre alors que cet homme était assis à l'ombre, en proférant des sons étranges.
Sur l'insistance de Djeha-Hodja Nasreddin, à contrecœur, le bûcheron donna sa bourse. Djeha-Hodja Nasreddin a pris les pièces et, une par une, il les a fait tinter sur le plateau. S'adressant à l'homme qui revendiquait sa part, il lui dit :
- Les entendez-vous ? Aimez ce son ? N'est-ce pas un tintement joyeux ?
La dernière livre avait quitté la bourse du bûcheron et fit entendre son tintement sur le plateau.
- As-tu bien entendu ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin au petit homme. As-tu entendu chaque livre ?
Le petit homme acquiesça de la tête.
- Alors tu as eu ton salaire, lui notifia Djeha-Hodja Nasreddin. La sonorité de l'argent est la paie appropriée pour la sonorité du travail.
Djeha-Hodja Nasreddin remit alors l'argent au bûcheron en lui disant :
- Et l'argent est la paie appropriée pour le travail.

21. Vache contre vache
Djeha-Hodja Nasreddin exerçait, un certain temps, les fonctions de juge suppléant. Un paysan vint le trouver.
- Grand juge! Je viens te consulter. Supposons qu'une vache attachée à un piquet encorne une vache errante. Est-ce que le propriétaire de la première doit indemniser celui de la seconde ?
- Certainement pas, répondit Djeha. Une vache doit être tenue dans son enclos. Tant pis pour son maître s'il la laisse vagabonder.
- Je suis vraiment soulagé, Djeha, car c'est ainsi que ma vache a blessé la tienne tout à l'heure.
- Par Allah ! Pourquoi ne m'as-tu pas donné dès le début une narration complète des faits. Le cas est beaucoup plus compliqué que tu ne me l'as dit. Il faut que je consulte la jurisprudence. Qu'on m'apporte le gros livre noir qui se trouve en haut sur l'étagère!

22. Un don du ciel
- J'ai besoin d'argent ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin en adressant une prière à Allah. J'ai besoin de mille livres.
Hassan Bey, le riche marchand dont la cour était contiguë à celle de Djeha-Hodja Nasreddin, regardait du haut de sa fenêtre. Il pouvait voir Djeha-Hodja Nasreddin à genoux sur un tapis de prière défraîchi, et murmurant inlassablement sa prière.
- Oh Allah ! J'ai besoin d'argent – de beaucoup d'argent. J'ai besoin de mille livres. Huit cents livres ne seraient pas suffisants, ni neuf cents, ni même neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Je dois avoir exactement mille livres. Je ne pourrais pas accepter une somme inférieure. Oh Allah ! Envoyez-moi mille livres – le plus tôt possible.
Hassan Bey, écoutant depuis sa fenêtre ouverte, a souri comme il aurait souri à un enfant priant pour un morceau de loukoum. Il a souri à l'idée de cette étrange prière de Djeha-Hodja Nasreddin.
- Il est temps, se dit-il, d'apprendre au vieux Djeha-Hodja Nasreddin de ne pas prier sans l’aide d’Allah pour que ses prières se réalisent.
Il riait encore alors qu'un plan s'échafaudait dans son esprit. Quittant son poste d'observation, Hassan Bey retourna hâtivement à l'intérieur de sa chambre, où était caché son argent. Il compta et recompta neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres, mit l'argent dans un sac, l'attacha solidement et retourna silencieusement à la fenêtre ouverte. Il jeta le sac d'argent qui atterrit sur les pavés de la cour de Djeha-Hodja Nasreddin. Sans attendre de remercier Allah, Djeha-Hodja Nasreddin commença à compter l'argent. Il le compta à plusieurs reprises. La pile ne contenait que neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pièces. Hassan Bey et sa femme, regardant par le treillage de la fenêtre, sans être vus, se retenaient pour ne pas rire.
- Laissons-le compter encore une fois, chuchota Hassan Bey à sa femme. Alors je lui expliquerai la plaisanterie. Il rira aussi franchement que nous.
Mais Hassan Bey avait trop attendu. Djeha-Hodja Nasreddin n'a pas compté les pièces de nouveau. Au lieu de cela, il les a remises dans le sac qu'il a lié solidement et l'a mis dans sa large ceinture. Alors il s'est mis à genoux sur le tapis de prière.
- Oh Allah ! Pria Djeha-Hodja Nasreddin. Vous n'avez pas correctement compté les livres. Vous me devez encore une livre. Envoyez-la-moi à votre convenance. Et mille remerciements pour les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres que vous m'avez envoyées.
Si ce n'était le treillage, Hassan Bey aurait sauté par la fenêtre sans se donner la peine de prendre l'escalier. En peu de temps, il fut à la porte de Djeha-Hodja Nasreddin.
- Rends-moi ma bourse - Rends-moi mes neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres !
- Votre bourse ? Vos neuf cent quatre-vingt-dix-neuf livres ?
- Oui, Je les ai jetées par la fenêtre, juste pour te faire une plaisanterie. Tu as dit que tu n'acceptais pas moins de mille livres.
- Non ! La bourse était un cadeau de Dieu. Elle est tombée directement du ciel en réponse à ma prière.
- Je te traînerai en justice, dit Hassan Bey. Nous verrons si elle est tombée du ciel ou de ma fenêtre !
Djeha-Hodja Nasreddin acquiesça.
- Mon burnous ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Kalima était en train de le raccommoder. Je ne peux pas aller devant les tribunaux sans mon burnous.
- Je te prêterai un burnous, dit Hassan Bey.
- Et mon âne ! Il boite et ne peut faire une si longue distance
- Je te prêterai un cheval, dit Hassan.
- Mais, il me faut une selle et une bride ! Celles de mon petit âne n'iront jamais sur votre grand cheval.
- Je te prêterai une selle et une bride.
Djeha-Hodja Nasreddin a roulé son tapis de prière et l'a rangé. Il a dit au revoir à sa femme et a suivi Hassan Bey. En parvenant à la cour, Hassan Bey n'a pas perdu de temps pour relater son affaire au juge.
- Bien, Djeha-Hodja Nasreddin, dit le juge, Avez-vous quelque chose à dire ?
- Pauvre Hassan Bey, soupira Djeha-Hodja Nasreddin, avec une voix pleine de compassion. Comme c'est triste ! Comme c'est très triste ! C'était un si bon voisin et si respecté par tous ! Quand on pense qu'il a perdu la raison !
- Que voulez-vous dire ? Dit le juge
Djeha-Hodja Nasreddin s'est rapproché du juge et a lui chuchoté d'une voix que l'on pouvait entendre partout dans la pièce :
- Il pense que tout lui appartient. Vous avez entendu son histoire à propos de mon argent. Demandez-lui quelque chose d'autre et il vous dira que c'est à lui. Demandez-lui, par exemple, à qui est le burnous que j'ai sur le dos.
- C'est mon burnous, bien sûr, a hurlé le marchand, Djeha-Hodja Nasreddin sait que c'est le mien.
Djeha-Hodja Nasreddin a secoué sa tête tristement.
- Essayez quelque chose d'autre, et demandez-lui, par exemple, à qui est la selle qui est sur mon cheval gris.
- C'est ma selle, bien sûr et c'est ma bride aussi, cria Hassan Bey. Djeha-Hodja Nasreddin le sait
- Vous voyez comment il est, dit Djeha-Hodja Nasreddin avec un soupir de pitié. Pauvre homme ! Il est si fou qu'il pourrait même revendiquer mon cheval gris.
- Bien sûr je revendique le cheval, cria le marchand.
- C'est un cas étrange - un cas triste, dit le juge pensivement.
Il n'était pas facile de condamner l'homme le plus riche de tout Ak Shehir.
- J'ai cru Hassan Bey quand il m'a dit avoir jeté une bourse pleine d'argent à Djeha-Hodja Nasreddin. Maintenant, je vois les choses différemment. Quand il revendique la possession du cheval de Djeha-Hodja Nasreddin, de son burnous, de la selle et de la bride, il montre que son esprit est dérangé. Hassan Bey, je suggère que vous alliez chez vous et preniez un long repos. Vous avez travaillé trop durement, j'en suis sûr. Djeha-Hodja Nasreddin, vous pouvez garder votre bourse et tous les biens que votre voisin malheureux essaye de revendiquer.
Les deux hommes rentrèrent en silence par les rues d'Ak Shehir. Le marchand est allé devant sa porte et s'apprêtait à la fermer. À sa surprise, il fut suivi par Djeha-Hodja Nasreddin.
- Voici votre argent, lui dit Djeha-Hodja Nasreddin, remettant la bourse au marchand étonné, et votre burnous, et votre cheval avec sa selle et sa bride.
- Je vais revenir à la cour pour dire au juge que tout ceci n'était qu'une plaisanterie, dit Hassan Bey, qui ajouta pour Djeha-Hodja Nasreddin :
- Reprends mon cheval
- Oh non ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Mon âne ne boite sûrement plus et Kalima a probablement réparé mon burnous.

23. Une amende de cinq piastres
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin se promenait dans les bois environnants quand tout à coup quelqu'un lui a donné une tape sur la nuque, et ce avec tellement de force qu'il a failli être renversé
- Comment oses-tu me frapper ! Lui dit Djeha-Hodja Nasreddin, mécontent.
Le jeune homme, un tant soit peu arrogant, lui a fait des excuses sommaires et a dit qu'il avait fait une erreur et s'était trompé, le prenant pour un de ses très bons amis. Il a par ailleurs émis l'avis que Djeha-Hodja Nasreddin faisait "une montagne d'un simple grain de beauté". Après cette offense évidente, rien moins qu'un procès ne pouvait satisfaire Djeha-Hodja Nasreddin. Le magistrat a entendu les deux parties avec une impartialité apparente, mais en fait c'était un ami du contrevenant.
- Bien, mon cher Djeha, a t-il dit. Je comprends parfaitement ce que vous ressentez. Quiconque, dans des circonstances identiques, ressentirait la même chose. Que diriez-vous si je vous permettais de lui donner une tape à votre tour ? Serez-vous quitte ?
- Non ! Je ne serai pas satisfait avec une telle sentence, dit Djeha-Hodja Nasreddin, qui estimait avoir été offensé et qui voulait que justice soit rendue.
- Bien, dit le juge. Ayant dûment délibéré sur les différents aspects du cas, je condamne le contrevenant à une amende de cinq piastres, pour être payée à la partie offensée.
Il a alors dit au jeune homme d'aller chercher les cinq piastres, ce que fit volontiers ce dernier. Djeha-Hodja Nasreddin s'était assis, en attendant le retour du jeune homme. Une heure a passé, puis deux heures, mais toujours aucun signe du jeune homme. Quand fut arrivée l'heure de fermer le tribunal, Djeha-Hodja Nasreddin choisit le moment où le magistrat était le plus occupé pour lui donner une puissante claque sur la nuque et dit :
- Désolé, je ne peux pas attendre plus longtemps, votre Honneur ! Quand notre ami reviendra, vous pouvez lui dire que c'est à vous qu'il doit maintenant les cinq piastres

24. Se mordre l'oreille
Deux hommes sont venus consulter Djeha-Hodja Nasreddin quand il était magistrat. Le premier homme dit,
- Cet homme a mordu mon oreille - J'exige un dédommagement.
- Il s’est mordu lui-même, dit le second. Nasreddin s'est retiré et a passé une heure à essayer de se mordre l’oreille. En vain, il n’a réussi qu’à se faire une bosse au front en tombant. ! De retour dans la salle du tribunal, Nasreddin prononça la sentence:
- Examinez l'homme dont l'oreille a été mordue. S’il a une bosse au front, il l'a fait lui-même et la plainte est écartée. Si son front n'est pas contusionné, c’est l'autre homme qui l'a fait et il doit payer une amende.